
Antoine Emaz par Michel Durigneux
Le numéro 93 du
Matricule des anges (mai 2008) propose un dossier consacré à Antoine Emaz et signé par Thierry Guichard.
Miniautobiographie :
"Né en 1955. Ensuite, vie ordinaire, entre pas facile et pas impossible, comme tout le monde. Je ne vois pas
quoi dire d'autre qui serait un peu nécessaire, ou éclairant, au delà, autour ou en deçà des poèmes. Si tout poème est bien de circonstances, écrire vise à délaver assez pour qu'il devienne une
interface, et non un miroir. Voilà pourquoi devoir alimenter le moulin biographique me gêne toujours autant. Une chose pourtant : je revendique le droit à la contradiction, au risque, à la
tentative, voire au ratage. La poésie n'est pas pour moi un exercice réussi lorsque les contraintes ou les procédures ont été respectées, elle est à chaque fois invention d'un écrire-vivre,
tension de langue contre ce qui nous rend muets."
Antoine Emaz
Biobibliographie :
Né en 1955, Antoine Emaz vit à Angers.
Parmi les dernières publications, on peut citer :
Cambouis, éd. Seuil, 2009
Peau, éd. Tarabuste, 2008
Caisse claire, anthologie 1990-1997, éd. Seuil, Points Poésie, 2007
De l'air, éd. Le dé bleu, 2006
Sur la fin, éd. Wigwam, 2006
Os, éd. Tarabuste, 2004
K.-O, éd. Inventaire/Invention, 2004
Lichen, lichen, éd. Rehauts, 2003
Ras, éd. Tarabuste, 2002

Antoine Emaz ? On ne le présente plus . Il fait déjà la couverture des magazines (Le Matricule des Anges n° 93 de mai 2008). Une anthologie de ses poèmes (1990-1997) a été publiée en 2007 en collection de poche, Points-Poésie, aux éditions du Seuil (Caisse claire). Initiative qui a fait pâlir de jalousie certains parisiens de la poésie.
Pourquoi l’avoir invité au festival Poètes au potager ? Parce que chez lui la poésie est celle du vécu ; elle est au plus près du réel, tranchante et âpre. Elle est faite d’une considérable économie de mots et de moyens qui lui donne sa force et sa proximité avec le quotidien. Et elle est traversée de la thématique du jardin. Antoine Emaz l’affirme lui-même : (…) il y a le désir de noter le jardin, le désir du jardin en mots, pas seulement être dans le jardin, sinon je n’écrirais pas. (…) Le bouquet d’œillets de poètes offert à S. la semaine dernière tient encore bien la route malgré l’atmosphère tabagique que je lui inflige. De la solidité des œillets, sinon des poètes, par les temps qui courent. Importance de la présence végétale dans mon environnement immédiat. (Cambouis)
Pour évoquer la bibliographie très touffue du poète, il suffirait de retenir les titres toujours très brefs de ses différents recueils de poèmes, et d’en faire un poème-liste, un poème-inventaire : En deçà
C’est
Peu importe
Entre
Sable
Boue
Soirs
Je ne
RAS
K.-O.
Os
Sur la fin
De l’air
Peau
Antoine Emaz vient de faire paraître aux éditions du Seuil, en collection Déplacements, un livre de notes qui rassemble le travail important de carnets, de lectures et de réflexions qu’il accomplit au quotidien. Le poète nous ouvre son atelier, sa cuisine. Il nous invite à l’observer les mains dans le cambouis des mots, à partager ce labeur au jour le jour de la poésie, sa réflexion sur l’écriture.
Amandine Marembert (présentation à la médiathèque: